ANGOLA : Lettre ouverte au Président de l’Assemblée sur le rapatriement des capitaux – GTMDH

Lettre ouverte au Président de l’Assemblée Nationale sur le rapatriement des capitaux 

GTMDH

GROUPE DE TRAVAIL SUR LE SUIVI DES DROITS DE L’HOMME EN ANGOLA

A l’attention de:

Ex. Monsieur le Président, de l’Assemblée Nationale d’Angola

LUANDA

– Son Excellence Monsieur le Président de la République d’Angola

– Groupe parlementaire du MPLA

– Groupe parlementaire de l’UNITA

– Groupe parlementaire de la CASA-CE – Groupe parlementaire PRS

– Groupe parlementaire du FNLA

 

OBJET : LETTRE OUVERTE SUR LE RAPATRIEMENT DU CAPITAL

Votre Excellence, Monsieur le Président

Le Groupe de travail sur la surveillance des Droits de l’homme (GTMDH) est une plate-forme nationale de la société civile composée de 20 organisations afin de surveiller et de protéger les Droits de l’homme en Angola.

Le groupe semble être très préoccupé par le projet de loi présenté à l’Assemblée nationale par l’exécutif dirigé par le Président de la République João Manuel Gonçalves Lourenço, puisque cette loi vise au bénéfice des citoyens qui ont exercé des charges publiques et qui ont réalisé des crimes de détournement de fonds, détournant ainsi le trésor public du pays.

À son tour, la loi nous apporte l’esprit d’amnistie de tels crimes conservant l’anonymat et fait en sorte que les citoyens impliqués dans de tels crimes sont susceptibles de recevoir ces montants dans la monnaie d’origine dans des comptes personnels.

L’Angola a obtenu sa paix définitive en 2002 après avoir vécu une guerre civile qui a duré des décennies et a apporté de nombreux problèmes économiques et sociaux et, dans certains cas, trop de perte des valeurs humaines, sociale, juridique, éthique, déontologique, entre autres, dans la société angolaise.

Il est également à ce stade lorsque le pays est devenu un chantier de travaux avec beaucoup d’infrastructures à construire, des écoles, des ponts, des hôpitaux, des routes, des stades de football, des centrales et la construction de ports et d’ aéroports.

Le gros problème est que beaucoup de ces infrastructures sont en état de dégradation en raison de la mauvaise qualité qu’elles présentent. Ce mauvais qualité résulte de la corruption, du manque de transparence, de l’absence de contrats d’ appels d’offres pour l’attribution des marchés et du manque de supervision des travaux.

Nous reconnaissons que le pays connaît une crise économique avec la baisse des prix du baril de pétrole depuis 2014, mais cette crise a été accentuée en raison des pratiques consensuelles dans le détournement de fonds publics par des fonctionnaires du gouvernement et des hommes politiques qui avaient été chargés de la responsabilité de gestion des affaires publiques. Cette gestion, délibérément furtive et nuisible, a causé d’énormes dégâts au pays et aux angolais.

Le peuple angolais s’est révélé fatigué et irrité par les gouvernants qui optèrent pour le pillage excessif et irresponsable des fonds publics pour leur bénéfice personnel, laissant la majeure partie de la population un peu plus dans la pauvreté.

Pour cette raison, nous comprenons que le rapatriement du capital ne devrait pas être juste une question des politiciens, car il s’agit de fonds publics qui devaient servir à l’amélioration des conditions de vie des citoyens dans tous les secteurs tels que; la santé, l’éducation, l’amélioration des voies d’accès, l’assistance sociale des personnes handicapées et d’autres domaines nécessitant une intervention financière.

Pour ces raisons, Monsieur le Président, nous espérons que les citoyens angolais seront entendus de manière participative en vue d’un retour équitable des fonds à l’Etat. Nous sommes conscients que le projet de loi a déjà franchi plusieurs étapes de discussion au niveau de l’Assemblée et est en cours d’approbation.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale;

Nous jugeons que la loi n’aurait aucune logique et n’aurait aucun sens dans la façon dont elle est conçue, ou bien analysons la réalité suivante:

Les auteurs de tels transferts ont déjà commis des crimes de détournement de fonds et d’ abus de confiance en détournant et transférant les fonds publics à l’étranger pour leur propre bénéfice. S’ils ont déjà commis ces crimes et n’ont pas été criminellement et civilement responsables, comment le retour de cet argent devrait-il leur être bénéfique ? Si tel est le cas, nous ferons sans aucun doute face à l’impunité absolue.

Dans ce contexte, votre Excellence, nous vous demandons, avec force :

 De permettre à la loi d’être discutée massivement avec l’implication de toutes les franges de la société angolaise;

 Que la loi soit juste en ce sens que les fonds rapatriés soient convertis en faveur de l’Etat angolais, maintenant que les auteurs de ces transferts illégaux pourraient exceptionnellement ne pas être tenu responsable pénalement et civilement;

 Que l’Assemblée nationale exerce son contrôle de l’action de l’exécutif, et en particulier en contrôlant minutieusement le processus de retour des capitaux rapatriés en faveur de l’Etat angolais.

Conscient du fait que nos préoccupations vont sans aucun doute mériter l’attention de Votre Excellence, nous réitérons ici nos cordiales salutations et souhaits pour un bon travail.

Luanda le 27 avril 2018

La coordination du GTMDH

André Augusto, pour Organização SOS-HABITAT 
______________________________________ 
Verónica Sapalo, pour Organização PMA 
_______________________________________ 
João Malavindele, pour Organização OMUNGA

le 12 mai 2018

Traduction du portugais en français : jinga Davixa – E_mail : contact@franceangola.com

 

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3 pensées sur “ANGOLA : Lettre ouverte au Président de l’Assemblée sur le rapatriement des capitaux – GTMDH

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